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samedi 21 juin 2014

Furudal - Midsommar

Au petit village voisin de Furudals Bruck, un étrange mât décoré gît à terre, des hommes s'échauffent avec ce qui leur semble le meilleur, la bière, des enfants, des jeunes filles et des femmes avec dans leurs cheveux une couronne de fleurs tressée, certaines vêtues de costumes colorés convergent vers le centre où repose ce mât. Un cortège, mené par le "gardien des traditions", formé de musiciens et de personnes costumées approche du lieu et se place à côté  alors que l'équipe d'hommes s'avance, se saisit de grandes perches accouplées par une chaîne, et avec bien des efforts parfaitement coordonnés, accompagné par la musique entraînante de l'orchestre, sous des ahan vigoureux du public, hisse en plusieurs étapes le fameux mât, qui déploie alors toutes les couronnes et les guirlandes qui le cernent aux couleurs jaune et bleu nationales.
Après les applaudissements pour les remercier de cet effort physique, enfants, adolescents, jeunes et moins jeunes forment la ronde qu'animera l'orchestre.
Et cette même coutume, dresser l'arbre de mai, va se dérouler dans chaque village durant tout ce week end du solstice, le midsommar.
Bivouac idéalement placé en forêt près d'un point d'eau pour observer ours ou élans, nous aurons la bonne surprise de voir, à la tombée de la nuit (...), un animal réputé discret, un glouton, mais l'ingrat n'a pas voulu poser et nous n'aurons pas de photo de cette rencontre.

Furudal

Sundsvall, comme beaucoup de ports dont les maisons étaient en bois, a été ravagée par un incendie en 1888 venant d'un vapeur. Les autorités de l'époque décidèrent de tout reconstruire en pierre, et faisant preuve d'humour, prirent comme emblème pour la ville un dragon, et depuis plusieurs statues humoristiques de ces charmantes bêbètes ornent la rue principale de la cité.
Aujourd'hui, vendredi 20 juin, veille du solstice, le midsommar, est jour férié ici et l'on prépare activement les festivités, que ce soit dans les villes et les villages, ou dans les familles, avec un passage obligé la veille chez les marchands de jouets et de bonbons, mais aussi au Boleget System, le magasin d'état de vente d'alcool.
Nous quittons, momentanément, la côte pour faire route vers la Dalécarlie, le cœur de la Suède, mot à prendre dans les deux sens. Inévitablement, la route traverse des forêts qui se la jouent lapones, avec arbres moins élevés et moins touffus, tourbières et marécages, lacs et étangs, sable et rocaille, abritant une faune redoutée, mais espérée (voir le panneau) et aussi avicole en présence de ces deux grues nonchalantes.

vendredi 20 juin 2014

Åkerö (20 km à vol d'oiseau à l'est de Sundsvall)

L'histoire géologique de la Hoga Kusten, toujours actuelle, réserve bien des surprises. Tentons de l'expliquer, après une lecture attentive des informations en anglais. Il y a 9000 ans, quand les glaciers fondirent, les pierres qui avaient été comprimées par la glace, ainsi libérées, remontèrent et par la force des vagues, s'accumulèrent et en s'élevant formèrent des collines aussitôt colonisées par la forêt. Et l'histoire continue puisque l'élévation des sols est de 8 mm par an, ce qui est énorme à l'échelle géologique.
Ainsi notre sentier, dont une bonne partie sur des planches confortables, nous mène à un étrange canyon entre deux parois d'une cinquantaine de mètres de haut. Après "l'escalade" de l'une d'elles, nous déboucherons sur un vaste plateau granitique, d'un beau rose, et offrant une vue remarquable sur le site. Et pour confirmer cette évolution des sols, de minuscules îlots, qui ne devaient pas exister il y a un siècle, nus pour certains, d'autres recouverts de bébés arbres, s'exhibent sans complexe parmi leurs aînés.
Après, c'est une histoire de jeu de piste pour trouver son chemin parmi les dalles, la forêt, et surtout où est la descente!
Hoga Kusten se termine par le Golden gate bridge suédois, pont assez impressionnant, mais dont la vue est contrariée par un temps maussade.

jeudi 19 juin 2014

Köpmanholmen

Brutalement, la côte s'élève, devient rocheuse, le granite effleurant. À Örnsköldsvik, un étonnant immeuble aux couleurs vives et aux saillies transparentes, domine la ville, le tremplin de ski, dont l'aire d'arrivée est au-dessus de la voie ferrée et de la station service, et le port de commerce, maritime précisons-le.
Höga Kusten, la haute côte, commence ici avec son chapelet d'îles et d'îlots, ses hautes falaises et ses fjords (fjard en suédois). Mais la mer est toujours aussi capricieuse, et par la route, ne laisse montrer que d'infimes parties. Il faudra donc nos jambes pour en voir plus; heureusement, les Suédois sont des gens organisés, et le sentier balisé, avec foyer pour griller et réserve de bois, abris pour camper et toilettes. Il manque le sauna, la Finlande s'est éloignée.
Il nous faudra deux heures et demie à travers la forêt dense, qui abrite des fourmilières de belle taille, du muguet qui débute sa floraison(qu'offrent-ils au 1er mai?), des montées et des descentes assez raides, puis une longue montée sur de grandes dalles de granite d'un rose soutenu pour enfin toucher le graal, la mer dans son immensité à nos pieds et partout des îles, des pointes, des baies, toutes recouvertes de forêts du pied au sommet.
Autant pour revenir, et pour se venger, nous bivouaquons face à la mer, même si l'on n'en voit qu'un petit peu.

mercredi 18 juin 2014

Järnäs (20 km au sud de Nordmaling)

Umeå, ville de plus de 100 000 habitants, auxquels il faut ajouter 30 000 étudiants, à presque 64° de latitude nord, capitale européenne de la culture 2014 (avec Riga), il n'en fallait pas plus pour exciter notre curiosité, et nous ne fûmes pas déçus.
Tel un comité d'accueil, en notre faveur cela va de soit, une chorale où les cheveux blancs prédominent, guidé par un guitariste rock et accompagnant une vedette suédoise de la chanson, inaugure le festival international de chorales d'Umeå. Il nous fallait bien ces airs entraînants pour nous aider dans notre combat contre un petit vent bien rafraîchissant.
Grâce aux nombreuses rues piétonnes, ou plutôt vélocipèdiques au vu du grand nombre d'usagers de bicyclettes, et sans bruit de moteur, nous atteignons le Bildmuseet, le musée d'art contemporain, qui accueille une formidable exposition sur l'art chinois depuis les événements de la place Tiananmen (1989) à nos jours. Ce musée, tout récent, se trouve dans un complexe tout aussi neuf, abritant entre autre l'école d'architecture et celle de design. Par la suite, ce sera la visite du musée Västerbottens, musée historique qui nous apprendra bien des choses étonnantes sur les skis.
Petite précision importante : ces deux musées, à la présentation claire et moderne, toujours avec des explications en suédois et en anglais, sont gratuits. Autre petit plaisir, sans doute pour la première fois pour nous, nous ne nous sommes pas sentis déplacés parmi les visiteurs du Bildmuseet.

mardi 17 juin 2014

Ratan (15 km au nord de Umeå)

Bonne nouvelle, pour la végétation, le mois d'avril bat son plein : les jonquilles défleurissent, les lilas en pleine floraison, les bouleaux sont bien fournis, dans les forêts, épicéas et sapins ont rejoint les pins. Sur la météo, on s'est arrêté aujourd'hui sur le mois d'avant, avec de bonnes giboulées de grêle.
À Skellefteå, une autre ville église ; ici les maisonnettes ne sont pas peintes, mais toujours aussi coquettes, avec parfois l'aide d'Ikea.
Nous traversons des forêts et la Suède bucolique, avec ses maisons rouges parfaitement entretenues derrière des gazons à se faire damner un Anglais. L'entretien et la tonte de pelouse semblent un sport national ici.
La mer, et en particulier le golfe de Botnie, est une maîtresse qu'il faut savoir conquérir par force de patience, la forêt plutôt dense, la dissimulant aux yeux des profanes ou des gens pressés.
Ratan était encore au début du XIX° siècle un important port de commerce et militaire, mais avec le rehaussement continu du sol (beaucoup plus important en face sur la côte finlandaise), ce n'est plus qu'un petit port de plaisance bien abrité derrière un îlot qui porte un phare où de nombreux oiseaux profitent des eaux tranquilles.

lundi 16 juin 2014

Luleå (Suède)

Le fleuve Tornionjoki, faisant frontière entre Finlande et Suède, après avoir paressé dans la vallée, en profitant même pour déborder, s'étrécit et se transforme en rapides, Kukkolankossi en finnois, Kukkolaforsen en suédois. Sur chaque rive, des communautés de pêcheurs se sont installés, vivant en autarcie grâce au fleuve, leur fournissant sédiments, alimentation et énergie. De nos jours, la tradition demeure en partie, et quand les eaux sont plus basses, des hommes construisent des passerelles provisoires pour pêcher le lavaret (ou corégone) que l'on fume presque aussitôt. En attendant, certains s'exercent avec ces épuisettes au bout d'un long manche flexible. Nous ne résisterons pas à l'acquisition d'un de ces poissons.
Les villes de Tornio (Finlande) et de Haparanda (Suède) sont deux villes sœurs, mais dès le pont franchi, et donc la frontière, un immense Ikea étale ses couleurs bleu et jaune, avec un parking occupé essentiellement par des Finlandais, des Norvégiens et des Russes.
A Luleå, la vieille ville, Gammelstad, est formée en grande partie par une "ville-église" : les paroissiens étant trop dispersés, ils se retrouvaient ici pour les événements majeurs de la communauté, religieux et civils, dans ces maisonnettes presque toutes identiques, uniformément rouges, c'était la couleur la moins chère, quelques jours par an mais en prenant bien soin de leur entretien et de leur aspect coquet, mais surtout pas ostentatoire, nous sommes dans un pays luthérien, autrefois sévère. De nos jours, la tradition demeure, et dans quelques jours, pour la Saint Jean, le village s'animera.
Nous nous installons au fond d'une anse du golfe de Botnie, retrouvant la mer et de l'horizon après une semaine de forêt lapone.

dimanche 15 juin 2014

Aavasaksa 2

Le sauna nous a tellement mis en forme que nous décidons d'aller voir une dernière fois le soleil de minuit, promenade sur les planches, mieux qu'à Deauville, accompagné de nos meilleurs amis, les moustiques. L'altitude compensant notre latitude légèrement en dessous du cercle polaire, nous assistons encore une fois au spectacle incroyable des lueurs du crépuscule et de l'aube naissante quasi simultanément.

Aavasaksa

Est-ce la proximité de la Suède, est-ce un signe méridional une fois le cercle polaire franchi, toujours est-il que la nature semble être apprivoisée par endroit, entre prairies cultivées et champs de céréales, coquettes maisons rouges avec pelouse impeccable au bord d'un lac ?
La colline d'Aavasaksa, la colline du soleil a une renommée franco-finlandaise, car en 1736 Maupertuis, avec l'aide de Celsius, vint ici pour mesurer l'arc de la Terre et en démontrer sa parfaite rotondité, et en a fait l'éloge touristique. Aujourd'hui, et bien avant aussi, les Finlandais et les Suédois voisins viennent ici au moment du solstice et de la Saint Jean fêter le soleil.
Un chaos de blocs de granite (?) rose sur tous les flancs de cette colline où poussent des pins tortueux, une vue lointaine sur le Tornionjoki, rivière faisant office de frontière, et ailleurs sur l'immensité de la forêt, un curieux chalet bâti pour un tsar de passage au menu de notre promenade, promenade à laquelle participent joyeusement de nombreux moustiques.
Pour finir avec la Finlande, expérience 100% finlandaise, le sauna ! Étant donné la tenue adaptée à la chose, vous comprendrez que la photo choisie soit pudique, et ce sont des articles que vous trouverez dans n'importe quel magasin. Il a fallu aller chercher sur internet comment on s'en servait ! Béotiens que nous sommes, nous attendons que ça se passe, thermomètre bloqué à 40°C. Nous jetons un peu d'eau sur les pierres, et bombe atomique. Un souffle chaud, la température grimpe de 5°C d'un coup, les naseaux le sentent. Une petite douche froide revigorante, retour dans le sauna, un peu d'eau, nouvel effet atomique,  température en hausse. Nous nous arrêterons à 60°C, deux douches froides supplémentaires, et nous en sortirons en pleine forme, en se disant que certains soirs, après une journée fatigante, ça doit être très agréable. Expérience enrichissante.